L’Avenir 1er octobre 2015

JAZZ

Jérémy Dumont Trio :

« Resurrection »

Curieux ce titre pour un pianiste de 28 ans dont c’est le premier album. Il s’agirait plutôt d’une belle  découverte pour ce musicien issu de la classe d’Éric Legnini au conservatoire de Bruxelles. Belles mélodies, swing incisif, climats variés, Jérémy Dumont ne manque pas d’atouts dans son jeu, d’autant qu’il propose uniquement des compositions personnelles; on y sent parfois la touche de son professeur ou le doigté latin de Chick Corea. Une longue tournée devrait le conduire pas loin de chez vous : n’hésitez pas !

■ J-P.G.

MAD – Le Soir du 30 septembre 2015

L’avis du Soir ***

Voilà un album qui fait plaisir. Jérémy Dumont avait reçu le premier prix du concours Jeune Formation à ComblainlaTour en 2012. Et le voilà qui sort en album en trio. Un bien bel album, qui montre déjà toute une expérience accumulée et de belles promesses d’avenir. Le pianiste belge de 28 ans a bien ingéré Corea, Mehldau, Evans dans les plus anciens, Cohen ou Glasper dans les plus contemporains et offre un jazz qui s’appuie sur la tradition, mais qui a l’audace de la nouveauté. C’est le cas de « Resurrection », le morceau titre, à la fois vif et romantique, qui s’appuie sur des mélodies fraîches, des phrases accrocheuses et des développements intelligents. C’est une musique à écouter à plusieurs reprises pour bien en sentir le suc et le goûter. Le trio, avec Victor Foulon à la contrebasse et Fabio Zamagni à la batterie, est rejoint sur quatre morceaux par le sax de Fabrice Alleman, et c’est alors une autre couleur. Le Jérémy Dumont Trio est aussi à voir sur scène : ce mercredi 30 à l’Archiduc, à Bruxelles, mais aussi le 10 octobre, le 17, le 24 et le 31 ; le 29, le trio sera au Bravo, à Bruxelles. Et Jérémy sera en solo au Steigenberger Wiltcher’s de l’avenue Louise les 9, 11, 25 et 30 octobre.

(par JEANCLAUDE VANTROYEN édition du 30/09/2015)

Article Dragon Jazz 09-2015

Jérémy Dumont Trio : CD release

Resurrection (Autoproduction), Septembre 2015

Jeremy Dumont (piano); Victor Foulon (contrebasse); Fabio Zamagni (batterie) + Invité : Fabrice Alleman (sax ténor & soprano)
Try – Resurrection – One day – Sneak into – Matkot – Blues for Tilou – Aaron – Excitation – In between – Since that day
Pour l’auditeur, un premier essai discographique est toujours un voyage en terre inconnue même si celui-ci est en quelque sorte adoubé par le saxophoniste Fabrice Alleman, invité à jouer sur quatre des dix compositions originales du répertoire. Les titres interprétés en trio dénotent une approche éclectique, certains comme One Day ou Aaron s’avérant plus lyriques, fragiles et déambulatoires, évoquant de longues ballades sinueuses sur des sentiers ombragés, et d’autres comme Since That Day ou Resurrection, plus épiques avec leurs flux de notes dynamiques et leur esthétique arborescente. Dans tous les cas le pianiste fait preuve d’un phrasé souple et mobile bien en phase avec la profusion de ses idées. Le duo rythmique qui l’accompagne, composé du contrebassiste Victor Foulon et du batteur Fabio Zamagni, s’adapte sans peine aux humeurs du leader, soulignant ou relançant avec à-propos les phrases musicales tout en préservant une respiration qui procure une impression de légèreté à l’ensemble.

Les morceaux joués en quartet en compagnie de Fabrice Alleman donnent d’autres nuances à l’album. Sur Blues For Tilou, son saxophone ténor, qui affiche toujours un timbre aussi beau, n’a aucun mal à s’intégrer à ce trio dont l’univers n’est pas très éloigné du sien: le thème est superbe et les improvisations, aussi bien au piano qu’au ténor, de haut vol. Sur Sneak Into et sur In Between, Alleman passe au soprano et délivre des circonvolutions enivrantes, imprimant sa propre personnalité à la musique. Quant à Excitation, qui porte bien son nom, il surgit comme un météore, attaquant avec fougue sur un thème hard-bop qu’on croirait emprunté à Thelonious Monk. La connivence entre le souffleur et le pianiste est télépathique tandis qu’on assiste à une démonstration décapante de swing roboratif d’où tout le monde sort gagnant. Jérémy Dumont y prouve en tout cas qu’il a beaucoup travaillé son instrument et étudié ses classiques. Bref, si vous appréciez le piano jazz sensible, vif et créatif, au croisement des styles de Brad Mehldau, Chick Corea ou Herbie Hancock (des noms cités davantage pour référence que comme modèles),Resurrection vous est largement recommandé. A écouter en gardant un œil sur la superbe pochette colorée réalisée par un jeune et talentueux artiste bruxellois dont les œuvres sont signées L’Art de Noé.

Jeremy Dumont Trio 2014

Jérémy Dumont trio

 

Toujours plein d’énergie, de sensibilité et d’expressivité, le Jérémy Dumont trio, évolue, murit et enrichit son répertoire. Les compositions originales restent à l’honneur, encadrées de standards, reflétant un mélange passionnant de styles de jazz. La qualité de ce trio, reconnue par les critiques professionnels, ne se dément pas. L’expérience et la symbiose entre les musiciens renforce encore la cohésion du groupe et le dynamisme de leurs créations.

Avec Fabio Zamagni et Victor Foulon

 

Interview europmag – 2012

Jazz – Jérémy Dumont

Jérémy Dumont est né à Bruxelles. Il commence à étudier le violon à l’âge de 5 ans. Après un passage comme choriste à la Maîtrise de la RTBF, il entame le piano à l’âge de 12 ans avec la concertiste Karin Lechner. Il achève ses études secondaires en option piano classique au Conservatoire Arthur Grumiaux de Charleroi. Il complète sa formation par un cours d’improvisation jazz avec Thomas De Prins à l’académie Jacques-Dalcroze. C’est à ce moment-là qu’il décide de s’orienter définitivement vers le jazz. Il passe une année au JazzStudio d’Anvers et participe à de nombreux stages en Belgique et à l’étranger, tout en poursuivant des cours privés de piano classique avec Geneviève Vandermeulen et de jazz avec Ivan Paduart et Eric Vermeulen. Sa rencontre avec les Grands du jazz belge le séduit et il entre au Conservatoire Royal de Bruxelles, dans le cours d’Eric Legnini.
Dans le dernier né de ses ensembles, Le Jérémy Dumont Trio, Jérémy s’entoure de Bas Cooijmans à la contrebasse et de Fabio Zamagni à la batterie. Le répertoire du trio est constitué de compositions personnelles et puise également dans les «classiques» des trios de Chick Corea, l’un de ses principaux inspirateurs. Leurs interprétations, sensibles mais néanmoins dynamiques, leur a permis de remporter en 2012 le 1er prix du concours «Jeunes Formations» au festival de jazz de Comblain-la-Tour.

Il achève cette année son Master au Conservatoire Royal de Bruxelles, tout en donnant de nombreux concerts en divers endroits de Belgique, France et Luxembourg, et projette de perfectionner sa formation à l’étranger.

Extraits de l’interview que Jérémy Dumont a accordée à Etienne Payen :

Vous êtes bien présent sur la scène belge depuis quelques mois, le public vous semble acquis, mais on ne sait pas forcément beaucoup de choses sur vous. Merveilleuse opportunité de vous poser quelques questions sur vous et sur le jazz, votre activité paraît débordante, vos choix semblent hétéroclites. Est-ce un hasard de la vie, un état d’esprit, un goût de la découverte? Ou un hasard ?
Durant mon parcours, je suis allé à la rencontre de différents styles, surtout des dérivés du jazz car il s’agit du hip hop, de la soul et du funk. Mais je suis aussi attiré par des styles totalement différents, tels que la drum’n bass, le dupstep, l’électro. Ce n’est pas un hasard si j’ai créé le groupe BPM ou si je fais partie des Man on Fire and the Soldiers, car ce sont des styles dont j’ai été imprégnés durant ma jeunesse. C’est vraiment par goût.

Parmi tous ces genres, quel est celui qui vous correspond le mieux ?
C’est peut être bien le style jazz de Chick Corea, mais il a tellement de facettes différentes que cela ne peut se résumer qu’à cela. En effet j’adore Chick Corea et sa manière de jouer, essentiellement dans ses trios jazz, par exemple l’album: Now he sings, now he sobs ou The Chick Corea new trio. Mais je suis aussi très fan d’autres pianistes «anciens» comme Bill Evans, Mc Coy Tyner et Kenny Kirkland et d’autres plus «récents» comme Kenny Werner ou Joey Calderazzo m’inspirent énormément.

La musique qui vous fait planer ?
Un bon morceau de jazz qui swingue à mort comme le quartet de Coltrane sur On resolution ou Brandford Marsalis quartet avec un solo enragé de Joey Calderazzo sur In the crease avec Jeff tain Watts.

La musique qui vous fait “pleurer” ?
Erik Vermeulen sur un morceau de Charles Loos Grawling Face et un autre style Under the bridge des Red Hot Chili Peppers.

En toute modestie, vos qualités de musicien ?
Il est toujours difficile de juger ses qualités, mais peut être la musicalité, jouer avec les dynamiques, l’envie de développer mes idées en solo, et une oreille attentive.

Un avis sur la scène jazz belge ?
J’adore le jazz belge, on a des musiciens incroyables en Belgique. J’ai toujours adoré l’esprit des musiciens de jazz belges qui sont si humbles et généreux et qui possèdent des niveaux clairement internationaux et remarquables !

Des envies de partir, de vous expatrier ?
New York évidement serait un rêve! J’y suis allé et c’était fantastique, la musique vit vraiment là-bas !

Comment vous voyez-vous dans 10 ans?
J’espère avoir percé dans le jazz, dans la musique, ici ou ailleurs, être appelé pour jouer avec des grands du jazz, faire des arrangements pour des musiques de film au cinéma, peut-être même produire….

Question traditionnelle pour terminer, si je vous donnais une baguette magique mais qui ne peut fonctionner qu’une seule fois, qu’en feriez-vous ?
Je voudrais posséder le «time» et le placement de Petrucciani.

JD pour site web Jérémy

JD Trio au Rideau Rouge

JEREMY DUMONT TRIO AU RIDEAU ROUGE

Jeremy Dumont s’est fait remarqué pour la première fois dans l’un des ses groupes, Unexpected 4, avec qui il remporta le premier prix du concours des jeunes talents au Dinant Jazz Nights en 2010.

On l’a ensuite retrouvé au sein du Brussels Pop Master (groupe qui mélange jazz et Hip Hop), puis avec Stéphane Mercier dans Solid Steps Quintet(inspiré par l’album au titre éponyme de Joe Lovano) et, finalement à la tête de son propre trio : le Jeremy Dumont Trio.

C’est ce dernier groupe (qui vient de remporter, par ailleurs, le concours «Jeunes Formations» à Comblain-La-Tour) qui se présentait ce jeudi 7 juin au Rideau Rouge à Lasne.

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Entouré du solide contrebassiste Bas Cooijmans et du jeune batteurFabio Zamagni, Jeremy Dumont pose les premiers accords de «Dolphin Dance». Cette très jolie salle est l’écrin idéal pour un jazz intimiste et chaleureux, certes, mais quand même… le trio exécute ce standard de façon excessivement académique. Etonnant quand on connaît un peu le talent du pianiste. Tout est retenu et très (trop ?) respectueux. Passons. Sur le deuxième morceau – une composition personnelle, «Newportday» (?), le trio se montre un peu plus entreprenant et expressif. Le thème est plein de reliefs et est joué de façon plus enlevée. Alors, on se dit que Jeremy Dumont va se lâcher plus encore, qu’il sera moins timide, plus libéré, plus naturel… Mais non. Et ce ne sera pas le cas non plus sur le morceau suivant (un titre de Rick Margitza) – même si le beau solo de Bas Cooijmans tente montrer la voie – ni sur un «Tenderly», ici  aussi bien trop gentil et presque mielleux.

Heureusement, «Fingerprints» (de Chick Corea), forcément plus nerveux, semble enfin libérer le trio de toute contrainte. Ça joue et ça échange. Le plaisir se lit sur le visage des musiciens et sur celui du public. Et le trio remet ça sur composition personnelle dont je n’ai pas retenu le nom qui est, en fait, l’anagramme d’Eric Legnini (l’un des professeurs de Jeremy).  On sent alors une véritable interaction entre les musiciens. Le terrain est miné de groove et de soul et le trio s’y faufile avec beaucoup d’habileté. Le jeu de Zamagni se fait plus sec et plus nerveux. Il rebondit face aux assauts de Cooijmans. Dumont montre alors un jeu beaucoup plus percussif et bien plus inspiré. Ses doigts se délient. Il frappe le clavier avec précision et fermeté. Ça y est, çajazze !

Du coup, le deuxième set sera d’un tout autre niveau. «Bud Powell» (de Chick Corea)  pour commencer, est une invitation directe aux échanges, à l’ouverture et aux improvisations plus débridées. Puis, «Jelly’s Da Beener» (deRobert Glasper) révèle une face beaucoup plus moderne du trio. Sans doute une ligne dans laquelle il devrait s’inscrire car on y perçoit quelque chose de plus personnel et d’original. Même si ce morceau est écrit en ce sens, on devine l’envie du trio de trouver une sorte de synthèse du jazz actuel, basé sur les solides fondations du bop et du jazz modal et influencé par la pop ou le hip hop.

Le trio a trouvé sa respiration, les morceaux s’enchaînent enfin sans arrière-pensées.

Et le public ne s’y trompe pas, il réagit et applaudit aux impros des différents solistes. Il salue le batteur sur «Humpty Dumpty», nerveux à souhait, ou le contrebassiste pour les superbes et fermes lignes mélodiques sur «Blue In Green». Et puis aussi pour le jeu très vif du pianiste sur un «Rhumba Flameco» enflammé.

L’ambiance s’est nettement réchauffée, le trio s’est libéré et a fait oublier les hésitations du début. On perçoit alors tout le potentiel d’un groupe qui, même s’il doit encore s’aguerrir, peut proposer une musique avec du caractère. Faisons leur confiance et allons les applaudir cet été à Comblain-La-Tour et, plus tard sans aucun doute, dans quelques-uns de nos nombreux clubs belges. Cela en vaudra sûrement la peine.

A+

Interview J.Dumont, by Etienne Payen

Interview de Jérémy Dumont Par Etienne Payen
mars 2012

Jérémy Dumont copyright Christian Pattyn-border
Jeremy Dumont, vous êtes jeune, beau et sentez « bon le sable chaud ». Vous êtes bien présent sur la scène belge depuis quelques mois, le public vous semble acquis, mais on ne sait pas forcément beaucoup de choses sur vous.

Merveilleuse opportunité de poser quelques questions sur vous, sur le jazz et sur la vie.

 

 

– D’où venez-vous ? Où habitez-vous? Quel âge avez-vous ?

J'ai 24 ans, je suis né en Belgique à Ixelles et vis à Beersel.

– Je vois qu’à l’âge de cinq ans, vous apprenez le violon et que vous êtes choriste dans la Maîtrise de la RTBF ? Pourquoi le violon ? Qu’est-ce que la Maîtrise ? Quels sont vos souvenirs de cette période ? En jouez-vous encore ?

Mon grand frère jouait très bien du violon et je voulais jouer
avec lui et en faire autant mais j'ai arrêté après quelques
années car cela ne marchait pas avec mon prof.
La Maîtrise était un cœur de jeunes enfants, principalement de
filles. On y reprenait des chansons et des poèmes à plusieurs
voix etc. Dès que j'ai plus ou moins commencé à muer, j'ai dû
arrêter.

– A 12 ans, vous passez du violon au piano classique ? Début des cours d’improvisation de jazz. Qu’est ce que le jazz évoquait pour vous à cette période? Aviez-vous déjà décidé d’être un professionnel de la musique ? Jamais envie d’être pompier, docteur, cascadeur ???

Dans mes souvenirs je voulais être acteur. Je suivais
d’ailleurs un cours d’impro à l’Ecole de la Scène et ai
participé à deux comédies musicales. J’adorais le piano mais en
jouais sans arrière pensée et à ce moment-là du classique.
C’était ainsi car ma prof Karin Lechner ne pouvait pas
m’apprendre autre chose que du classique et je me souviens lui
avoir dit je souhaitais jouer du jazz, elle m’a alors enseigné
des œuvres de Scott Joplin ou de Gershwin. Cela a constitué ma
première initiation au « jazz »
Les cours d’impro jazz ont commencé à mes 16 ans ou 17 ans.
J'ai directement accroché quand j'ai vu mon premier prof jouer
(Thomas DePrins): c'était incroyable, il pouvait jouer dans les
styles de Art Tatum, Mc Coy Tyner, Erroll Garner ou Chick Corea
et c'est là que je me suis dit : « oaouh c’est ça que je veux
faire »!

– Avant d’aller plus loin, avez-vous été bercé dans le jazz dans votre jeunesse ? Écoutait-on du Miles Davis au déjeuner chez vous ?

Ma mère est la première femme ingénieur du son de Belgique et
mon père joue (jouait) de la guitare et du sax alto! Donc oui
j'ai grandi dedans bien que pas essentiellement dans le jazz!

– Dès lors à 18 ans, vous bifurquez totalement du classique vers le jazz en fréquentant le Jazz Studio d’Anvers ?

J'avais eu une petite approche du jazz grâce à Thomas Deprins
mais n'en connaissais pas grand-chose. Après mes humanités j'ai
décidé d’entamer une formation jazz et suis parti au Jazz
Studio! Là, j'ai découvert une grande partie du jazz belge, des
professeurs incroyables: Richard Rousselet, Bas Cooijmans,
Stéphane Mercier et encore d'autres... J'ai beaucoup écouté de
jazz à cette époque et essentiellement Chick Corea dont je suis
tombé amoureux!

A nouveau pourquoi le jazz ? Une rencontre, une envie. Qu’y trouviez-vous à cet âge par rapport à la formation classique que vous aviez suivie ?

Une rencontre de nouveaux genres! Je me disais que ça sonnait
tellement plus libre, plus direct que le classique. Cela m’a
touché directement, surtout le fait de se dire qu’on peut
improviser, se laisser aller à sa propre interprétation ...

– A 2O ans, entrée au Conservatoire de Bruxelles avec quelques grandes pointures comme Eric Legnini ou Phil Abraham.
Comme se sent-on à 20 ans face à de tels “monuments”. Que vous ont-ils appris ?

Arriver au Conservatoire était quelque chose de très important
pour moi: rencontrer tous ces monuments. Eric Legnini, Jean-
Louis Rassinfosse, Fabrice Alleman, Phil Abraham, Victor Da
Costa, Pirly Zurstrassen, Guy Cabay, tous ces professeurs et
musiciens professionnels sont si généreux, si humbles et si
bons dans ce qu'ils font que c'est vraiment bien d'être entouré
par eux durant toutes ces années! Et au niveau des cours de
piano, Eric Legnini est tout simplement incroyable! Et avec
comme assistant Vincent Bruyninckx, on ne peut demander mieux!
J’apprends énormément d’eux tous les jours, bien sûr la
musique, mais aussi sur d'autres plans. Je suis d’ailleurs un
inconditionnel d’Eric Legnini au point de retranscrire
régulièrement ses compositions.

– Toujours au Conservatoire actuellement ?

Oui je suis en 1ere Master, encore un an.

– Comme beaucoup de jeunes musiciens, n’êtes-vous pas tenté par un passage dans une école américaine style Berklee ?

Bien sûr, j'aimerais aller à Berklee mais sans bourse, ce n'est
pas envisageable!

– Impossible de ne pas parler de votre carrière sans évoquer la présence plus que salutaire apparemment de vos parents. Managers, sponsors, organisateurs, agents de presse, bodyguard, coach, maîtres à penser ? Qui sont-ils exactement ? Sont-ils totalement fous de jazz ? Sont-ils musiciens ?

J'ai l’a chance en effet d’avoir pour manager ma maman qui gère
très bien ma promotion et celle de mes projets, comme une
manageuse hors pair.
C’est sûr que j'ai hérité de leur sensibilité pour la musique,
surtout celle de mon père pour le jazz et ils sont toujours là
pour m’encourager, pour m'aider dans ma voie. Je sais la chance
que j'ai!!
Ils sont assez passionnés par le jazz oui! Mon père en a une
bonne culture, ma mère me suit ou m’emmène à de nombreux
concerts. Camilo trio, Chick, Herbie ...

– En 2010, vous remportez le concours des Jeunes Talents du Festival de Dinant avec votre groupe “the Unexpected 4”. Une première consécration ? Que cela vous a t’il apporté ? Un regard sur ce groupe deux ans plus tard ?

C'était effectivement une super récompense d’autant plus qu’on
ne s'y attendait pas, et ça nous a permis de nous ouvrir des
portes, de jouer, et de nous améliorer encore et encore.
Aujourd’hui le groupe a un peu changé avec l’arrivée de Bas
Cooijmans à la contrebasse à la place de Vincent Cuper qui a
décidé de quitter le groupe.

– Quels sont les groupes et les projets auxquels vous participez actuellement ? Pouvez-vous définir chaque fois le style de musique ?

The Unexpected 4: le quartet avec Bas Cooijmans (contrebasse), Armando Luongo (batterie) et Vincent Thekal (sax): ce projet est fort basé sur le jazz swing et moderne et surtout des compositions personnelles du saxophoniste et de moi-même.
Jeremy Dumont Trio: mon nouveau trio avec un incroyable Bas Cooijmans et le talentueux Fabio Zamagni. Dans ce trio, j'essaye de m’inspirer dans les compos ou dans le choix du répertoire, de la qualité des trios de Chick Corea, comme le New Trio ou encore de toutes partitions qu’il a arrangées pour trio!
Solid Steps Quintet: ce nouveau projet est basé sur un album de Joe Lovano en quintet qui s’appelle Solid Steps. D'où le nom du projet! Avec Stéphane Mercier, nous avons discuté de l'idée que j’avais eue de reprendre les titres de cet album qui sont superbes et indémodables. La plupart des musiciens sont belges: Stéphane a accepté de monter ce projet avec moi, avec le trompettiste Jean-Paul Estievenart, le contrebassiste Sal la Rocca et le batteur Wim Eggermont.
Brussels Pop Masters: ce projet est un collectif jazz hip hop que j'ai créé avec un chanteur. Nous sommes neuf musiciens. On base le répertoire uniquement sur des compos que nous arrangeons pour le band avec Dominique Della Nave, style funk hip hop, avec deux chanteurs Eric labat et Julie Rens. Nous avons fait un clip l'année passée disponible sur you tube.

– Votre activité paraît débordante. Alors que certains restent – à tort ou à raison – confinés à un style musical, vos choix semblent hétéroclites. Est-ce un hasard de la vie, un état d’esprit, un goût de la découverte, une indécision notoire ?
Ou un hasard tout simplement?

Durant mon parcours, je suis allé à la rencontre de différents
styles, mais ça reste surtout des dérivés du jazz car il s'agit
du hip hop, de la soul et du funk.
Mais je suis aussi attiré par des styles totalement différents,
tels que la drum'n bass, le dupstep, l'électro.
Ce n'est pas un hasard si j'ai créé le groupe « BPM » ou si je
fais partie des « Man on Fire and the Soldiers », car ce sont
des styles dont j'ai été imprégnés durant ma jeunesse. C'est
vraiment par goût.

– Parmi tous ces genres, quel est néanmoins celui qui vous correspond le mieux ? Le classique jazz style Corea ?

C'est peut être bien le style jazz de Chick Corea, mais il a
tellement de facettes différentes que cela ne peut se résumer
qu'à cela. En effet j'adore Chick Corea et sa manière de jouer,
essentiellement dans ses trio jazz, par exemple l'album: « Now
he sings, now he sobs » ou plus récemment « The Chick Corea new
trio ». Mais je suis aussi très fan d'autres pianistes
« anciens » comme Bill Evans, Mc Coy Tyner et Kenny Kirkland.
Et d'autres plus « récents » comme Kenny Werner ou Joey
Calderazzo qui m'inspirent énormément.

– Question traditionnelle à un musicien? Quels grands maîtres avez-vous écoutés?

J'ai beaucoup écouté: Art Tatum, Oscar Peterson, Errol Garner,
Duke Ellington, Hank Jones, Bud Powell, Bill Evans, Monk,
Herbie Hancok, Keith Jarrett, Chick Corea, Michel Petrucciani,
McCoy Tyner, Kenny Kirkland, Brad Mehldau, et autres que
pianistes: John Coltrane, Dexter Gordon, Stan Getz, Lester
Young, Freddy Hubart, Ray Brown, Mel Lewis, Art Blakey, Steve
Coleman et encore d'autres.

– Quels musiciens de jazz contemporains écoutez-vous encore régulièrement ?

Steve Coleman, Kenny Werner, Aaron Parks, Aaron Goldberg, Brandford Marsalis, Robert Glasper, Octurn, Aka Moon, Avishai Cohen (les deux) etc..

– La musique qui vous fait danser ?

Le rock et le hip hop, mais je n'aime pas beaucoup danser.

– La musique qui vous fait planer?

Un bon morceau de jazz qui swingue à mort comme le quartet de
Coltrane sur « On resolution » ou Brandford Marsalis quartet
avec un solo enragé de Joey Calderazzo sur « In the crease »
avec Jeff tain Watts

– La musique qui vous fait “pleurer” ?

Erik Vermeulen sur un morceau de Charles Loos « Grawling Face »
et un autre style « Under the bridge » des Red Hot Chili
Peppers

– Le morceau que vous auriez aimé écrire ?

« Body and Soul »

– Le disque ou le cd qui a eu une première influence dans votre vie ?

Jim Hall et Bill Evans en duo « Undercurrent »

– La musique dont vous avez horreur ?

Je suis ouvert à beaucoup de styles musicaux, mais il y a
certaines choses commerciales, par exemple qui passent à la
radio, qui sont vraiment inécoutables !

– Ce qui vous fait rire ?

Louis de Funès, le cinéma, le théâtre!

– La lecture que vous aimez et un livre déjà relu plusieurs fois ?

J’aime bien lire des biographies de jazz ou des livres sur la
musique. Je n’ai pas vraiment relu un livre

– Un souvenir de concert comme spectateur ?

Keith Jarrett en Solo

– Un souvenir de concert en tant que musicien ?

Un concert avec le quartet Unexpected 4 ou Jean-Louis
Rassinfosse est venu remplacer le bassiste, c’était une très
belle expérience et un beau souvenir.

– Vos projets actuels ? Quels groupes ? Quels concerts ?

Et bien mon nouveau trio dans lequel je m’investis maintenant
énormément. Il y a  aussi le quartet avec plusieurs dates, et
« Brussels Pop Master » qui joue aussi une fois par mois et
beaucoup de concerts avec « Man on Fire and the Soul Soldiers »

– Un projet de disque ?

Rien de très concret mais peut être bientôt en trio

– Une adresse de site ?

Pas encore mais très bientôt

– En toute modestie, vos qualités de musicien ?

C’est toujours difficile de se juger dans les qualités, mais
peut être la musicalité, jouer avec les dynamiques, l’envie de
développer mes idées en solo, et une oreille attentive.

– Vos ”défauts” comme musicien ?

Je ne suis pas très bon lecteur, je devrais parfois épurer,
moins jouer et faire plus attention à la construction des
solos.

– Êtes-vous :
Un compositeur ? Un touche à tout ? Un improvisateur ? Un organisateur ? Un rêveur ? Un leader ? Un sideman ? Un maniaque ? Un perfectionniste ?

Plutôt compositeur, improvisateur, et sideman et peut-être
leader aussi

– Un avis sur la scène jazz belge ?

J’adore le jazz belge, on a des musiciens incroyables en
Belgique. J’ai toujours adoré l’esprit des musiciens de jazz
belges qui sont si humbles et généreux et qui possèdent des
niveaux clairement internationaux et remarquables !

– Des envies de partir, de vous expatrier ?

New York évidement serait un rêve! J’y suis allé avec ma mère
il y a deux  ans et c’était fantastique, la musique vit
vraiment là-bas !

– Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?

J’espère avoir percé dans le jazz, dans la musique, ici ou
ailleurs, être appelé pour jouer avec des grands du jazz, faire
des arrangements pour des musiques de film au cinéma, peut-être
même produire....

– Un musicien que vous me conseilleriez de découvrir ? D’interviewer ?

Dorian Dumont

– Question traditionnelle pour terminer, si je vous donnais une baguette magique mais qui ne peut fonctionner qu’une seule fois, qu’en feriez-vous ?

Je voudrais posséder le «time» et le placement de Petrucciani.
Je vous remercie

Jazz Tour Festival Hannut

JAZZ TOUR FESTIVAL A HANNUT

Joli succès pour la deuxième édition du Jazz Tour Festival au Centre Culturel de Hannut.

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Ce n’était ni à l’habituel Henrifontaine ni à la Salle Jean Rosoux qu’il se tenait, mais bien au Centre de Lecture Publique, pour des raisons pratiques et sur les coups de 16 heures, ce samedi 3 mars, pas mal de curieux et d’amateurs étaient déjà présents pour écouter Unexpected 4.
Les lauréats du concours du Festival Dinant Jazz Nights 2010 – que j’avais eu l’occasion de voir à la Jazz Station – présentaient un nouveau line-up. Il ne s’agit pas d’un changement radical mais l’arrivée de Bas Cooijmans à la contrebasse, à la place de Vincent Cuper et de sa basse électrique, change quand même l’optique du groupe. On sent l’ensemble encore plus ramassé et une nouvelle dynamique se dessine. L’incisif Jeremy Dumont (p), dont l’entente avec Vincent Thekal est évidente, ouvre souvent les espaces. Le drumming d’Armando Luongo se veut toujours enflammé. Avec l’arrivée de Cooijmans, ils pourront sans doute se lâcher encore un peu plus et sortir d’une voie qui reste parfois encore un peu sage. Car, c’est clair, on imagine aisément que Unexpected 4 en a encore sous le pied.

Jacques Prouvost

U4 at the Jazz station – Press

 THE UNEXPECTED 4 À LA JAZZ STATION

Je les avais ratés au Festival Dinant Jazz Nights,cet été, où ils avaient reçu le prix des Jeunes Talents 2010. La récompense leur permettait, entre autres, d’avoir la possibilité de jouer dans quelques clubs en Belgique. Le 16 octobre, ils étaient à la Jazz Station.
Unexpected 4 est né de la rencontre – au Jazz Studio d’Anvers, puis au Conservatoire de Bruxelles – de quatre jeunes musiciens venus de Belgique: Jérémy Dumont (p) et Vincent Cuper (eb), de France: Vincent Thékal (ts) et d’Italie: Armando Luongo (dm).
Leur musique est un mélange de post-bop et de jazz moderne constitué des standards mais aussi de compos personnelles plutôt bien ficelées. Avec «Climax», le groupe installe une ambiance moelleuse qui, comme son nom l’indique, monte petit à petit dans les tours, tandis qu’avec «Newport Day», il canalise bien les énergies pour leurs trouver un chemin intéressant. Le groupe cultive d’ailleurs le sens de l’équilibre en combinant fluidité et angulosité dans certains morceaux.
Sur un thème de Monk, le quartette brode, dissèque, revisite et évite l’imitation sans pour autant dénaturer le propos. L’esprit est là, mais le goût est différent. Puis, avec «Inner Urge» (Joe Henderson) et «Blues Etude» (Oscar Peterson), le groupe confirme qu’il se nourrit d’un terreau de qualité. Avec une belle cohérence, Unexpected 4 fait circuler une musique swinguante et sans temps morts.

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Le sax ténor, au son apaisé – qui n’est pas sans rappeler celui de Dexter Gordon (influence que l’on ne retrouve pas si souvent que ça chez nos saxophonistes actuels, mérite peut-être d’être soulignée) – est aussi capable d’échappées plus tranchantes. On sent, chez le pianiste, l’influence d’un Herbie Hancock ou d’un Chick Corea (la preuve avec une reprise de «Bud Powell» de Corea au deuxième set). Le jeu de Jeremy Dumont est clair, parfois impétueux ou lyrique. Il n’abuse cependant pas de phrases trop alambiquées et préfère aller à l’essentiel avec une belle virtuosité. La basse électrique de Cuper est plus souvent discrète tandis que le drumming de Luongo est pétillant et délicat. Il y a une sorte de bouillonnement intérieur chez lui. Il est capable de donner de la tonicité sans être envahissant ou pesant. C’est peut-être d’ailleurs ce qui caractérise l’ensemble de ce jeune quartette: des idées «simples» et un discours assez organique. Une sorte de force tranquille qui ne demande qu’à évoluer encore. Et c’est déjà bien parti. À suivre, donc.

Jacques Prouvost

http://jazzques.skynetblogs.be/archive/2010/10/30/unexpected-4-a-la-jazz-station.html

Lauréat Dinant Jazz Night 2010

Dinant Jazz Nights 2010 Communiqué de Presse 15.08.2010 Concours des Jeunes Talents Persbericht 15.08.2010 Wedstrijd Jong Jazz talent. Les six candidats présélectionnés pour le troisième concours des jeunes talents se sont affrontés sur le petit podium du festival élevé dans le parc Saint-Norbert de l’Abbaye de Leffe les 17 et 18 juillet 2010.
En 2008, le prix avait été attribué au groupe « Hamster Axis of The One Click Panther ». En 2009, c’est le quartet anversois « Electric Quartet » qui avait été proclamé vainqueur.
Cette année, le niveau général était très élevé, ce qui est particulièrement réjouissant en témoignage de l’enseignement musical dans notre pays. Le jury composé de cinq journalistes spécialisés, après en avoir délibéré, a porté son choix sur le groupe « Jérémy Dumont & The Unexpected 4 ».Concours DInant

Jérémy Dumont (p) et Vincent Cuper (eb) reçoivent leur prix des mains de Philip Catherine et Manu Katché (© Jacky Lepage). Le jury du concours a motivé son choix en ces termes : « Pour la qualité de la mise en place et l’équilibre entre les musiciens, pour l’énergie développée dans les standards comme sur les originaux, pour le répertoire équilibré et la présence scénique, le jury a porté son choix sur le groupe « Jérémy Dumont & The Unexpected 4 ». En récompense, cette formation de jeunes recevra une journée d’enregistrement dans le studio La Chapelle, un des meilleurs studios professionnels de Belgique, un concert aux Dinant Jazz Nights 2011 et plusieurs contrats en clubs. Le premier de ces concerts se donnera le 16 octobre prochain à la Jazz Station de Bruxelles (Saint-Josse-ten-Noode).

Jérémy Dumont - Copyright Jacques Joris signé

De zes groepen die tijdens de preselectie van de derde Wedstrijd Jong Jazztalent gekozen werden, gaven op 17 en 18 juli elk een concert van een half uur op het nevenpodium van het festival in het park Saint-Norbert van de Abdij van Leffe. In 2008 won Hamster Axis Of The One Click Panther de wedstrijd. In 2009 kreeg de Antwerpse groep Electric Quartet de prijs.
Het niveau was dit jaar opmerkelijk hoog, wat een mooi bewijs is van de kwaliteit van het muziekonderwijs in ons land. De jury, bestaande uit vijf journalisten uit de jazzwereld, koos uiteindelijk het Jeremy Dumont Quartet als winnaar.
De jury motiveerde de keuze als volgt:
“Voor het groepsgeluid getekend door een mooi evenwicht tussen de verschillende muzikanten, de energieke en beheerste speelkracht waarmee ze zowel standards als eigen werk brengen en voor de podiumuitstraling.”
Als beloning mogen deze jonge Brusselaars een dag opnemen in La Chapelle, een van de meest professionele studio’s van België, een concert geven op het grote podium van Dinant Jazz Nights 2011 en krijgen ze drie tot vijf cluboptredens. Het eerste concert heeft plaats op 16 oktober in de Jazzstation te Brussel (Sint-Joost-ten-Noode).

—————————————————————————————————————————- le/de Jury : Président : Jean-Marie Hacquier (Jazz Hot) Ondervoorzitter : Georges Tonla Briquet (Brussel Deze Week, Jazzmozaïek) Jean-Pierre Goffin (Vers l’Avenir) Bernard Lefèvre (Jazzmozaïek) Ilan Oz (jazzinbelgium, Djangos d’Or)