Jazzmozaïek – maart 14, 2016

De 28-jarige pianist/componist Jérémy Dumont won in 2010 het jongerenconcours op Dinant Jazz Nights en in 2012 de jongerenwedstrijd in Comblain-la-Tour. In 2013 volgde de Sabam Jeunesses Musicales Jazz Award. De opnames van Resurrection met zijn trio in de Igloo-studios met Daniel Léon als producer dateren van november 2014. Dumont wil met dit album vooral zijn eigen persoonlijkheid doordrukken, waarbij hij invloeden van Corea, Hancock maar evengoed John Coltrane en Robert Glaspar aangeeft. Frisse, moderne triojazz die nog extra ingekleurd wordt door saxofonist Fabrice Alleman. Een beloftevol debuut!

■ Bernard Lefèvre

Focus-Vif 16-10-15

Jérémy Dumont Trio - « Resurrection »

Disque sans label, Resurrection de Jérémy Dumont signe les débuts discographiques d’un pianiste belge nouvelle génération à l’indiscutable talent. Soutenu par une rythmique formée de Victor Foulon (basse) et Fabio Zamagni (batterie, rejoint pour quatre titres (sur un total de dix) par le saxophoniste Fabrice Alleman, le musicien de 28 ans ne révolutionne, certes, rien dans cet album (mais ce n’était pas le but) et reste redevable à ses maîtres avoués -Chick Corea y est un peu partout et on y retrouve aussi Brad Meldhau comme chez beaucoup de pianistes depuis une quinzaine d’années. Heureusement, Resurrection laisse aussi filtrer une personnalité réelle qui ne pourra que s’affirmer (et s’affiner) dans un futur proche. A suivre.

■ PH.E

AIRtv – 5-11-2015

Notre artiste à la Une en ce début novembre est le gagnant du concours belge « Jeune Formation » 2012 de Comblain-La-Tour : Jérémy Dumont Trio. Le jeune projet jazz accouche de son premier opus « Résurrection » ! C’était le 30 septembre 2015, et ce, après 3 ans de gestation. Un album qui nous gâte…
Jérémy Dumont Trio, c’est le fruit d’une collaboration entre trois jeunes musiciens talentueux que représentent Jérémy Dumont, Fabio Zamagni et Victor Foulon. Au coeur du projet, Jérémy Dumont mène en partie la danse au piano et à la composition. Le jeune prodige commence son éducation musicale très tôt. D’abord au violon puis au piano classique pour progressivement s’orienter vers l’improvisation et enfin s’immerger dans le jazz : tel est le cheminement du pianiste fou. Il aura connu les bancs du Conservatoire de Charleroi, l’Académie Jacques-Dalcrose, le Jazz Studio d’Anvers et le Conservatoire Royal de Bruxelles. Jusqu’aujourd’hui, Jérémy Dumont continue d’approfondir sa formation classique en même temps que le jazz. Ce dernier multiplie les collaborations dans des styles dérivés qui lui permettent de renouveler sans cesse créativité et apprentissage. Vous pourrez l’écouter dans Soul Triggers (jazz, funk, soul, hip-hop) ou encore dans The Unexpected 4 (swing). Fabio Zamagni envoie les pêches et la rythmique relevée du coeur du trio. Le jeune batteur entame lui aussi très tôt sa formation musicale en jazz. Il a la chance d’être formé au Jazz Studio d’Anvers puis au Conservatoire Royal de Bruxelles par des « grands » comme Xavier Rogé et Bruno Castelucci. En dernier élément et non des moindres, Victor Foulon réunit à la contrebasse les thèmes aériens de Jérémy Dumont aux rythmes de Fabio Zamagni. D’abord guitariste jazz issu du Conservatoire Royal de Bruxelles, il est actuellement très sollicité comme contrebassiste dans divers styles et projets musicaux. Comme le nom du projet l’indique, Jérémy Dumont insuffle l’esprit du trio avec un répertoire qui rassemble des compositions personnelles et quelques standards revisités de Chick Corea, influence notable dans le parcours du pianiste. On soupçonnera d’autres couleurs musicales inspirées d’Avishai Cohen, Robert Glasper, Bill Evans, John Coltrane ou encore Miles Davis. Le timbre chaleureux du saxophoniste ténor Fabrice Alleman, invité d’honneur de l’album, vient s’ajouter à l’éventail d’influences qui contribuent au son final de l’opus. L’arrivée de l’album “Resurrection” marque un nouveau cap important dans la maturation de Jérémy Dumont Trio. Il incarne l’écoulement d’un cycle de trois ans riche en rencontres, expérimentations et découvertes. En bref, c’est un condensé d’idées et d’énergie musicales à lui tout seul. Finalement, « Résurrection » est un album riche en couleur, vivant et agréable à l’écoute. C’est jeune et mâture tout en étant créatif et conventionnel. Jérémy Dumont Trio semble grandir et maintenir une âme jeune, source intarissable de vie et de créativité…

Z.

Jazzroundmag 12-10-2015

Jérémy Dumont TrioRésurrection

Quel infime plaisir de découvrir un musicien qui au travers de son premier opus prend sa place d’emblée, et avec brio, sur la scène du jazz belge, tout en manifestant un immense désir de découvrir différents courants musicaux. Palme d’Or donc pour saluer l’arrivée de « Résurrection », le premier album du pianiste belge Jérémy Dumont. Après avoir terminé le Conservatoire de Bruxelles, voici deux ans, avec Grande Distinction faut-il le préciser, Jérémy a eu la sagesse d’attendre quelques mois avant de se lancer dans l’aventure de la production musicale. Cette patience et cette maturité lui ont indéniablement permis d’enrichir son parcours, en allant à la rencontre d’autres musiciens et, surtout, de multiplier les découvertes musicales : la musique de film et d’accompagnement en passant par le hip hop et la soul, sans oublier le jazz évidemment, à l’écoute de Chick Correa et d’Éric Legnini. Ces expériences de terrain lui ont permis de créer son identité jazzistique, de parfaire son jeu, et de trouver ainsi son groove personnel, d’un dynamisme très new-yorkais : rapide, sans équivoque ni temps morts. Un style qui n’aurait pas heurté des maîtres du genre comme Joey Calderazzo ou Bill Evans au registre des balades. Outre ses indéniables qualités de pianiste, il est impossible de ne pas mettre en évidence les  talents de compositeur du pianiste bruxellois. Il signe en effet la totalité des titres de l’album, et révèle des compositions de niveau international, loin du style belgo-belge, des pièges à flots de notes ou de ruptures aléatoires du rythme de base. Ici, rien de cela, ni dans les ballades ou dans les morceaux au tempo plus rapide. L’énergie, l’efficacité et l’intelligence sont au rendez-vous de « Resurrection ». Soulignons aussi la grande qualité musicale et la cohésion du trio : mention spéciale à la basse discrète de Victor Foulon et au jeu de baguettes tout en précision de Fabio Zamagni, ensemble, ils forment la colonne vertébrale de l’album. Signalons en outre la présence en invité du saxophoniste Fabrice Alleman qui sait entraîner Jérémy Dumont dans de beaux défis dont aucun ne sort à bout de souffle. Fabrice Alleman semble bien conquis par les compositions de son ancien élève, et au saxophone, il n’hésite pas à distiller un parfum de Wayne Shorter. Si Jérémy Dumont a baptisé son enregistrement  « Résurrection », c’est sans doute pour évoquer à la fois sa « naissance » comme père et le passage entre son statut d’étudiant à celui de musicien professionnel. « Resurrection » est un excellent album qu’on ne se lasse pas d’écouter pour le tonus dominant, la qualité de ses interprètes et le brio des compositions. Et comme disait Michel Jonasz dans une de ses chansons : « En vlà du jazz, en vlà et c’est du bon croyez moi  » !

Étienne Payen 

L’Avenir 1er octobre 2015

JAZZ

Jérémy Dumont Trio :

« Resurrection »

Curieux ce titre pour un pianiste de 28 ans dont c’est le premier album. Il s’agirait plutôt d’une belle  découverte pour ce musicien issu de la classe d’Éric Legnini au conservatoire de Bruxelles. Belles mélodies, swing incisif, climats variés, Jérémy Dumont ne manque pas d’atouts dans son jeu, d’autant qu’il propose uniquement des compositions personnelles; on y sent parfois la touche de son professeur ou le doigté latin de Chick Corea. Une longue tournée devrait le conduire pas loin de chez vous : n’hésitez pas !

■ J-P.G.

MAD – Le Soir du 30 septembre 2015

L’avis du Soir ***

Voilà un album qui fait plaisir. Jérémy Dumont avait reçu le premier prix du concours Jeune Formation à ComblainlaTour en 2012. Et le voilà qui sort en album en trio. Un bien bel album, qui montre déjà toute une expérience accumulée et de belles promesses d’avenir. Le pianiste belge de 28 ans a bien ingéré Corea, Mehldau, Evans dans les plus anciens, Cohen ou Glasper dans les plus contemporains et offre un jazz qui s’appuie sur la tradition, mais qui a l’audace de la nouveauté. C’est le cas de « Resurrection », le morceau titre, à la fois vif et romantique, qui s’appuie sur des mélodies fraîches, des phrases accrocheuses et des développements intelligents. C’est une musique à écouter à plusieurs reprises pour bien en sentir le suc et le goûter. Le trio, avec Victor Foulon à la contrebasse et Fabio Zamagni à la batterie, est rejoint sur quatre morceaux par le sax de Fabrice Alleman, et c’est alors une autre couleur. Le Jérémy Dumont Trio est aussi à voir sur scène : ce mercredi 30 à l’Archiduc, à Bruxelles, mais aussi le 10 octobre, le 17, le 24 et le 31 ; le 29, le trio sera au Bravo, à Bruxelles. Et Jérémy sera en solo au Steigenberger Wiltcher’s de l’avenue Louise les 9, 11, 25 et 30 octobre.

(par JEANCLAUDE VANTROYEN édition du 30/09/2015)

Article Dragon Jazz 09-2015

Jérémy Dumont Trio : CD release

Resurrection (Autoproduction), Septembre 2015

Jeremy Dumont (piano); Victor Foulon (contrebasse); Fabio Zamagni (batterie) + Invité : Fabrice Alleman (sax ténor & soprano)
Try – Resurrection – One day – Sneak into – Matkot – Blues for Tilou – Aaron – Excitation – In between – Since that day
Pour l’auditeur, un premier essai discographique est toujours un voyage en terre inconnue même si celui-ci est en quelque sorte adoubé par le saxophoniste Fabrice Alleman, invité à jouer sur quatre des dix compositions originales du répertoire. Les titres interprétés en trio dénotent une approche éclectique, certains comme One Day ou Aaron s’avérant plus lyriques, fragiles et déambulatoires, évoquant de longues ballades sinueuses sur des sentiers ombragés, et d’autres comme Since That Day ou Resurrection, plus épiques avec leurs flux de notes dynamiques et leur esthétique arborescente. Dans tous les cas le pianiste fait preuve d’un phrasé souple et mobile bien en phase avec la profusion de ses idées. Le duo rythmique qui l’accompagne, composé du contrebassiste Victor Foulon et du batteur Fabio Zamagni, s’adapte sans peine aux humeurs du leader, soulignant ou relançant avec à-propos les phrases musicales tout en préservant une respiration qui procure une impression de légèreté à l’ensemble.

Les morceaux joués en quartet en compagnie de Fabrice Alleman donnent d’autres nuances à l’album. Sur Blues For Tilou, son saxophone ténor, qui affiche toujours un timbre aussi beau, n’a aucun mal à s’intégrer à ce trio dont l’univers n’est pas très éloigné du sien: le thème est superbe et les improvisations, aussi bien au piano qu’au ténor, de haut vol. Sur Sneak Into et sur In Between, Alleman passe au soprano et délivre des circonvolutions enivrantes, imprimant sa propre personnalité à la musique. Quant à Excitation, qui porte bien son nom, il surgit comme un météore, attaquant avec fougue sur un thème hard-bop qu’on croirait emprunté à Thelonious Monk. La connivence entre le souffleur et le pianiste est télépathique tandis qu’on assiste à une démonstration décapante de swing roboratif d’où tout le monde sort gagnant. Jérémy Dumont y prouve en tout cas qu’il a beaucoup travaillé son instrument et étudié ses classiques. Bref, si vous appréciez le piano jazz sensible, vif et créatif, au croisement des styles de Brad Mehldau, Chick Corea ou Herbie Hancock (des noms cités davantage pour référence que comme modèles),Resurrection vous est largement recommandé. A écouter en gardant un œil sur la superbe pochette colorée réalisée par un jeune et talentueux artiste bruxellois dont les œuvres sont signées L’Art de Noé.

Jeremy Dumont Trio 2014

Jérémy Dumont trio

 

Toujours plein d’énergie, de sensibilité et d’expressivité, le Jérémy Dumont trio, évolue, murit et enrichit son répertoire. Les compositions originales restent à l’honneur, encadrées de standards, reflétant un mélange passionnant de styles de jazz. La qualité de ce trio, reconnue par les critiques professionnels, ne se dément pas. L’expérience et la symbiose entre les musiciens renforce encore la cohésion du groupe et le dynamisme de leurs créations.

Avec Fabio Zamagni et Victor Foulon

 

Interview europmag – 2012

Jazz – Jérémy Dumont

Jérémy Dumont est né à Bruxelles. Il commence à étudier le violon à l’âge de 5 ans. Après un passage comme choriste à la Maîtrise de la RTBF, il entame le piano à l’âge de 12 ans avec la concertiste Karin Lechner. Il achève ses études secondaires en option piano classique au Conservatoire Arthur Grumiaux de Charleroi. Il complète sa formation par un cours d’improvisation jazz avec Thomas De Prins à l’académie Jacques-Dalcroze. C’est à ce moment-là qu’il décide de s’orienter définitivement vers le jazz. Il passe une année au JazzStudio d’Anvers et participe à de nombreux stages en Belgique et à l’étranger, tout en poursuivant des cours privés de piano classique avec Geneviève Vandermeulen et de jazz avec Ivan Paduart et Eric Vermeulen. Sa rencontre avec les Grands du jazz belge le séduit et il entre au Conservatoire Royal de Bruxelles, dans le cours d’Eric Legnini.
Dans le dernier né de ses ensembles, Le Jérémy Dumont Trio, Jérémy s’entoure de Bas Cooijmans à la contrebasse et de Fabio Zamagni à la batterie. Le répertoire du trio est constitué de compositions personnelles et puise également dans les «classiques» des trios de Chick Corea, l’un de ses principaux inspirateurs. Leurs interprétations, sensibles mais néanmoins dynamiques, leur a permis de remporter en 2012 le 1er prix du concours «Jeunes Formations» au festival de jazz de Comblain-la-Tour.

Il achève cette année son Master au Conservatoire Royal de Bruxelles, tout en donnant de nombreux concerts en divers endroits de Belgique, France et Luxembourg, et projette de perfectionner sa formation à l’étranger.

Extraits de l’interview que Jérémy Dumont a accordée à Etienne Payen :

Vous êtes bien présent sur la scène belge depuis quelques mois, le public vous semble acquis, mais on ne sait pas forcément beaucoup de choses sur vous. Merveilleuse opportunité de vous poser quelques questions sur vous et sur le jazz, votre activité paraît débordante, vos choix semblent hétéroclites. Est-ce un hasard de la vie, un état d’esprit, un goût de la découverte? Ou un hasard ?
Durant mon parcours, je suis allé à la rencontre de différents styles, surtout des dérivés du jazz car il s’agit du hip hop, de la soul et du funk. Mais je suis aussi attiré par des styles totalement différents, tels que la drum’n bass, le dupstep, l’électro. Ce n’est pas un hasard si j’ai créé le groupe BPM ou si je fais partie des Man on Fire and the Soldiers, car ce sont des styles dont j’ai été imprégnés durant ma jeunesse. C’est vraiment par goût.

Parmi tous ces genres, quel est celui qui vous correspond le mieux ?
C’est peut être bien le style jazz de Chick Corea, mais il a tellement de facettes différentes que cela ne peut se résumer qu’à cela. En effet j’adore Chick Corea et sa manière de jouer, essentiellement dans ses trios jazz, par exemple l’album: Now he sings, now he sobs ou The Chick Corea new trio. Mais je suis aussi très fan d’autres pianistes «anciens» comme Bill Evans, Mc Coy Tyner et Kenny Kirkland et d’autres plus «récents» comme Kenny Werner ou Joey Calderazzo m’inspirent énormément.

La musique qui vous fait planer ?
Un bon morceau de jazz qui swingue à mort comme le quartet de Coltrane sur On resolution ou Brandford Marsalis quartet avec un solo enragé de Joey Calderazzo sur In the crease avec Jeff tain Watts.

La musique qui vous fait “pleurer” ?
Erik Vermeulen sur un morceau de Charles Loos Grawling Face et un autre style Under the bridge des Red Hot Chili Peppers.

En toute modestie, vos qualités de musicien ?
Il est toujours difficile de juger ses qualités, mais peut être la musicalité, jouer avec les dynamiques, l’envie de développer mes idées en solo, et une oreille attentive.

Un avis sur la scène jazz belge ?
J’adore le jazz belge, on a des musiciens incroyables en Belgique. J’ai toujours adoré l’esprit des musiciens de jazz belges qui sont si humbles et généreux et qui possèdent des niveaux clairement internationaux et remarquables !

Des envies de partir, de vous expatrier ?
New York évidement serait un rêve! J’y suis allé et c’était fantastique, la musique vit vraiment là-bas !

Comment vous voyez-vous dans 10 ans?
J’espère avoir percé dans le jazz, dans la musique, ici ou ailleurs, être appelé pour jouer avec des grands du jazz, faire des arrangements pour des musiques de film au cinéma, peut-être même produire….

Question traditionnelle pour terminer, si je vous donnais une baguette magique mais qui ne peut fonctionner qu’une seule fois, qu’en feriez-vous ?
Je voudrais posséder le «time» et le placement de Petrucciani.

JD pour site web Jérémy

JD Trio au Rideau Rouge

JEREMY DUMONT TRIO AU RIDEAU ROUGE

Jeremy Dumont s’est fait remarqué pour la première fois dans l’un des ses groupes, Unexpected 4, avec qui il remporta le premier prix du concours des jeunes talents au Dinant Jazz Nights en 2010.

On l’a ensuite retrouvé au sein du Brussels Pop Master (groupe qui mélange jazz et Hip Hop), puis avec Stéphane Mercier dans Solid Steps Quintet(inspiré par l’album au titre éponyme de Joe Lovano) et, finalement à la tête de son propre trio : le Jeremy Dumont Trio.

C’est ce dernier groupe (qui vient de remporter, par ailleurs, le concours «Jeunes Formations» à Comblain-La-Tour) qui se présentait ce jeudi 7 juin au Rideau Rouge à Lasne.

182627_431325846945725_388665958_n

Entouré du solide contrebassiste Bas Cooijmans et du jeune batteurFabio Zamagni, Jeremy Dumont pose les premiers accords de «Dolphin Dance». Cette très jolie salle est l’écrin idéal pour un jazz intimiste et chaleureux, certes, mais quand même… le trio exécute ce standard de façon excessivement académique. Etonnant quand on connaît un peu le talent du pianiste. Tout est retenu et très (trop ?) respectueux. Passons. Sur le deuxième morceau – une composition personnelle, «Newportday» (?), le trio se montre un peu plus entreprenant et expressif. Le thème est plein de reliefs et est joué de façon plus enlevée. Alors, on se dit que Jeremy Dumont va se lâcher plus encore, qu’il sera moins timide, plus libéré, plus naturel… Mais non. Et ce ne sera pas le cas non plus sur le morceau suivant (un titre de Rick Margitza) – même si le beau solo de Bas Cooijmans tente montrer la voie – ni sur un «Tenderly», ici  aussi bien trop gentil et presque mielleux.

Heureusement, «Fingerprints» (de Chick Corea), forcément plus nerveux, semble enfin libérer le trio de toute contrainte. Ça joue et ça échange. Le plaisir se lit sur le visage des musiciens et sur celui du public. Et le trio remet ça sur composition personnelle dont je n’ai pas retenu le nom qui est, en fait, l’anagramme d’Eric Legnini (l’un des professeurs de Jeremy).  On sent alors une véritable interaction entre les musiciens. Le terrain est miné de groove et de soul et le trio s’y faufile avec beaucoup d’habileté. Le jeu de Zamagni se fait plus sec et plus nerveux. Il rebondit face aux assauts de Cooijmans. Dumont montre alors un jeu beaucoup plus percussif et bien plus inspiré. Ses doigts se délient. Il frappe le clavier avec précision et fermeté. Ça y est, çajazze !

Du coup, le deuxième set sera d’un tout autre niveau. «Bud Powell» (de Chick Corea)  pour commencer, est une invitation directe aux échanges, à l’ouverture et aux improvisations plus débridées. Puis, «Jelly’s Da Beener» (deRobert Glasper) révèle une face beaucoup plus moderne du trio. Sans doute une ligne dans laquelle il devrait s’inscrire car on y perçoit quelque chose de plus personnel et d’original. Même si ce morceau est écrit en ce sens, on devine l’envie du trio de trouver une sorte de synthèse du jazz actuel, basé sur les solides fondations du bop et du jazz modal et influencé par la pop ou le hip hop.

Le trio a trouvé sa respiration, les morceaux s’enchaînent enfin sans arrière-pensées.

Et le public ne s’y trompe pas, il réagit et applaudit aux impros des différents solistes. Il salue le batteur sur «Humpty Dumpty», nerveux à souhait, ou le contrebassiste pour les superbes et fermes lignes mélodiques sur «Blue In Green». Et puis aussi pour le jeu très vif du pianiste sur un «Rhumba Flameco» enflammé.

L’ambiance s’est nettement réchauffée, le trio s’est libéré et a fait oublier les hésitations du début. On perçoit alors tout le potentiel d’un groupe qui, même s’il doit encore s’aguerrir, peut proposer une musique avec du caractère. Faisons leur confiance et allons les applaudir cet été à Comblain-La-Tour et, plus tard sans aucun doute, dans quelques-uns de nos nombreux clubs belges. Cela en vaudra sûrement la peine.

A+