Jazz Hot n°675, printemps 2016

Jérémy Dumont (p) était le 19 à la Jazz Station en suite logique de son premier album autoproduit Resurrection. Avec Victor Foulon (b) et Fabio Zamagni (dm) le trio a pris une belle assurance au fil des mois. Le programme annonçait Fabrice Alleman (ts, ss) en invité. Nous nous imaginions donc qu’il viendrait jouer deux ou trois morceaux en fin de second set. Heureuse surprise: il souffla sur tous les thèmes, professeur protecteur hier, compagnon de route aujourd’hui. Toutes les compositions sont de la plume du jeune pianiste. Les mélodies sont jolies («One Day»); les rythmes: variés, de la valse jouée en crescendo («Since That Day») au swing appuyé («Excitation»). «Blues For Tilou» : un original fortement inspiré des Jazz Messengers, permit à Fabrice Alleman (ts) de featurer Benny Golson. Sur «In Between», et l’ostinato du pianiste il s’envole, coltranien, au soprano. A la fin du premier set, «Resurrection», enjoué, donna la parole à tous les apôtres: soprano, piano, ténor, puis l’inévitable solo de batterie. «Hébreu» ouvrira la deuxième partie soulignant une certaine filiation. Les œuvres de Jeremy Dumont sont très bien structurées. Homogènes, elles sont rigoureusement mises en place par la rythmique. La consistance des compositions et la solidité des arrangements privilégient un son de groupe, ce qui n’est pas fait pour déplaire au saxophoniste montois.

Jean-Marie Hacquier
Photo © Roger Ventilt, by courtesy
© Jazz Hot n°675, printemps 2016