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U4 at the Jazz station – Press

 THE UNEXPECTED 4 À LA JAZZ STATION

Je les avais ratés au Festival Dinant Jazz Nights,cet été, où ils avaient reçu le prix des Jeunes Talents 2010. La récompense leur permettait, entre autres, d’avoir la possibilité de jouer dans quelques clubs en Belgique. Le 16 octobre, ils étaient à la Jazz Station.
Unexpected 4 est né de la rencontre – au Jazz Studio d’Anvers, puis au Conservatoire de Bruxelles – de quatre jeunes musiciens venus de Belgique: Jérémy Dumont (p) et Vincent Cuper (eb), de France: Vincent Thékal (ts) et d’Italie: Armando Luongo (dm).
Leur musique est un mélange de post-bop et de jazz moderne constitué des standards mais aussi de compos personnelles plutôt bien ficelées. Avec «Climax», le groupe installe une ambiance moelleuse qui, comme son nom l’indique, monte petit à petit dans les tours, tandis qu’avec «Newport Day», il canalise bien les énergies pour leurs trouver un chemin intéressant. Le groupe cultive d’ailleurs le sens de l’équilibre en combinant fluidité et angulosité dans certains morceaux.
Sur un thème de Monk, le quartette brode, dissèque, revisite et évite l’imitation sans pour autant dénaturer le propos. L’esprit est là, mais le goût est différent. Puis, avec «Inner Urge» (Joe Henderson) et «Blues Etude» (Oscar Peterson), le groupe confirme qu’il se nourrit d’un terreau de qualité. Avec une belle cohérence, Unexpected 4 fait circuler une musique swinguante et sans temps morts.

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Le sax ténor, au son apaisé – qui n’est pas sans rappeler celui de Dexter Gordon (influence que l’on ne retrouve pas si souvent que ça chez nos saxophonistes actuels, mérite peut-être d’être soulignée) – est aussi capable d’échappées plus tranchantes. On sent, chez le pianiste, l’influence d’un Herbie Hancock ou d’un Chick Corea (la preuve avec une reprise de «Bud Powell» de Corea au deuxième set). Le jeu de Jeremy Dumont est clair, parfois impétueux ou lyrique. Il n’abuse cependant pas de phrases trop alambiquées et préfère aller à l’essentiel avec une belle virtuosité. La basse électrique de Cuper est plus souvent discrète tandis que le drumming de Luongo est pétillant et délicat. Il y a une sorte de bouillonnement intérieur chez lui. Il est capable de donner de la tonicité sans être envahissant ou pesant. C’est peut-être d’ailleurs ce qui caractérise l’ensemble de ce jeune quartette: des idées «simples» et un discours assez organique. Une sorte de force tranquille qui ne demande qu’à évoluer encore. Et c’est déjà bien parti. À suivre, donc.

Jacques Prouvost

http://jazzques.skynetblogs.be/archive/2010/10/30/unexpected-4-a-la-jazz-station.html