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Un dimanche au Gaume Jazz Festival

32e édition du magnifique et très convivial Gaume Jazz Festival. Cette année, en plus, c’est sous un soleil de plomb qu’il se déroule. Et sur le coup de quinze heures, ce dimanche, le grand parc semble encore un peu endormi.
C’est dans la salle du centre culturel de Rossignol qu’il faut aller. Il n’y fait pas plus frais, mais c’est là que le trio de Jeremy Dumont présente la musique de son premier – et très bon – album Resurrection.
Très resserrés autour du leader, concentrés et bien décidés à jouer un jazz énergique et dense, Victor Foulon (cb) et Fabio Zamagni (dm) attaquent « On Green Dolphin Street » avec vigueur. Le trio enchaine aussitôt avec « Try » et « Resurrection ». Les interventions du pianiste sont fermes et décidées, la basse claque presque autant que ne résonnent les coups de fouets sur la batterie. Mais surtout, ça groove et ça trace. Et l’intensité ne faiblit pas sur « Matkot » et ses réminiscences klezmer qui laissent transparaitre pourtant une pointe de mélancolie. Et puis, une dernier composition, inédite, confirme la direction bien tranchée que semble prendre le trio : de l’énergie, du nerf et de l’adrénaline. Jeremy Dumont définit de plus en plus précisément le jazz qu’il veut défendre. Et nous, on est prêt à le suivre.

■ Jazzques – 14/08/2016

Jazz Hot n°675, printemps 2016

Jérémy Dumont (p) était le 19 à la Jazz Station en suite logique de son premier album autoproduit Resurrection. Avec Victor Foulon (b) et Fabio Zamagni (dm) le trio a pris une belle assurance au fil des mois. Le programme annonçait Fabrice Alleman (ts, ss) en invité. Nous nous imaginions donc qu’il viendrait jouer deux ou trois morceaux en fin de second set. Heureuse surprise: il souffla sur tous les thèmes, professeur protecteur hier, compagnon de route aujourd’hui. Toutes les compositions sont de la plume du jeune pianiste. Les mélodies sont jolies («One Day»); les rythmes: variés, de la valse jouée en crescendo («Since That Day») au swing appuyé («Excitation»). «Blues For Tilou» : un original fortement inspiré des Jazz Messengers, permit à Fabrice Alleman (ts) de featurer Benny Golson. Sur «In Between», et l’ostinato du pianiste il s’envole, coltranien, au soprano. A la fin du premier set, «Resurrection», enjoué, donna la parole à tous les apôtres: soprano, piano, ténor, puis l’inévitable solo de batterie. «Hébreu» ouvrira la deuxième partie soulignant une certaine filiation. Les œuvres de Jeremy Dumont sont très bien structurées. Homogènes, elles sont rigoureusement mises en place par la rythmique. La consistance des compositions et la solidité des arrangements privilégient un son de groupe, ce qui n’est pas fait pour déplaire au saxophoniste montois.

Jean-Marie Hacquier
Photo © Roger Ventilt, by courtesy
© Jazz Hot n°675, printemps 2016

 

Jazzism review – mei 2016

Jérémy Dumont Trio – Resurrection

Jazzmuziek van een Brusselaar, de stad waar ook nog mensen wonen die zich er geheel op richten om iets moois te maken. Het rijtje pianisten dat Jérémy Dumont (in 2012 winnaar van de prijs voor “Jeunes Formations” in Comblain-la-Tour) als inspiratiebronnen oplepeltis veelzeggend: Chick Corea, Brad Meldhau, Bill Evans, Herbie Hankock, Robert Glasper. Grote namen uit het postbop- en modale tijdperk, aangevuld door de klanken van vandaag. Hier en daar een vleug impressionisme (Aaron, Since That Day), maar soms ook complexe ritmes (Matkot) die uit geluidsboxen van hiphoppers kunnen komen. Een gelukkig nu en dan een groove met een vetrandje, zoals in Blues For Tilou. Daarin horen we ook saxofonist Fabrice Alleman (sopraan en tenor), die op vier stukken meedoet. De langste compositie is In Between, waarin de era van John Coltrane en McCoy Tyner weer aangeraakt wordt.

■ Coen de Jonge

Maison du Jazz, Mag 65 – Nouvelle sortie CD Jeremy Dumont trio

Jérémy Dumont débute des études de violon dès l’âge de 5 ans, il passe au piano classique à l’âge de 12 ans dans la classe de Karin Lechner ; suit une formation au Conservatoire Arthur Grumiaux de Charleroi et ensuite un cours d’improvisation jazz avec Thomas De Prins à l’académie Jacques Dalcroze de Bruxelles, puis avec Ivan Paduart et Eric Vermeulen. Mordu de jazz, il entre au Conservatoire Royal de Bruxelles sous la coupe d’Eric Legnini ; il rencontre alors Jean-Paul Estiévenart, Sal la Rocca et Wim Eggermont avec qui il crée le quintet Solid Step et ensuite The Unexpected 4 avec lequel il remporte le concours jeunes talents au Dinant jazz nights en 2010. En 2012, Il forme son propre trio et remporte le 1er prix du concours jeunes formations au festival jazz de Comblain-la-Tour. Tous ses efforts se concrétisent en septembre de cette année par la sortie de son premier cd «Resurrection» avec Victor Foulon à la contrebasse, Fabio Zamagni à la batterie et la participation de Fabrice Alleman aux saxs ténor et soprano. Un premier opus magnifiquement mature et abouti avec 10 compositions personnelles très variées, d’une fluidité à toute épreuve aux accents bebop, swing, groove. Un album dynamique, équilibré et harmonieux, avec un jeu de piano d’une sensibilité digne de Chick Corea, Robert Glasper ou Michel Petrucciani. Une autoproduction que vous pourrez vous procurer sur le site de Jeremy Dumont ainsi qu’aux nombreux concerts prévus pour sa sortie.

■ OS 

Jazzques – 26/03/2016

JEREMY DUMONT TRIO – FEAT FABRICE ALLEMAN – JAZZ STATION

J’avais eu l’occasion d’entendre le trio de Jeremy Dumont en concert (plus ou moins privé) quelques temps avant l’enregistrement de l’album Resurrection. A l’écoute de ce dernier, j’avais été agréablement surpris (voire même étonné) de la progression qui s’était opérée. La musique semblait avoir monté en puissance, s’être affirmée. En concert à la Jazz Station, j’étais curieux de découvrir comment allait encore évoluer la musique du pianiste. De plus, ce samedi 19, le trio avait invité pour la première fois Fabrice Alleman (que l’on retrouve sur trois titres de l’album) à le rejoindre. Il n’y a pas à dire : c’était une très bonne idée. Après un gentil et bucolique «One Day», «Blues For Tilou» permet au groupe de se lancer vraiment. Fabrice Alleman ouvre la voie, le son est gras et rassurant, parfois légèrement pincé aussi. Le spectre musical du saxophoniste semble ne pas ne connaitre pas de frontière. Il intègre aussi bien la tradition que le (presque) free, comme si Coleman Hawkins avait rencontré David Murray, par exemple. Et à la clarinette, c’est pareil, Fabrice Alleman a le chic pour faire décoller la musique. Sur le très modal «In Between» son jeu est presque «out», ce qui entraîne Jeremy Dumont à lâcher les accords. Jeremy Dumont oscille entre lyrisme et fulgurances rythmiques, esquivant l’évidence avec finesse. On ressent chez lui quelques notes bluesy, quelques inflexions inspirées de Hancock ou de Corea. Ses compositions font la part belle aux mélodies mais savent se faire piquer par de belles astuces rythmiques. On apprécie les courtes accélérations, les ponctuations lumineuses, les nuances et les respirations dans un phrasé maitrisé. «Since That Day», «Try» et «Resurrection», s’enchainent avec un optimisme plein de groove. La rythmique, très complice, n’y est pas pour rien. Le jeu efficace et direct du batteur Fabio Zamagni se marie avec habileté aux entrelacs rythmiques du contrebassiste Victor Foulon. Ça claque autant que ça enrobe. Le plaisir est sur scène et se partage dans le public. «Matkot», très influencé par la jeune scène juive New Yorkaise, est bourré d’énergie, «Sneak Into», est lumineux et «Aaron» – tendre et délicat – permet à Victor Foulon de laisser trainer de longues notes sur les cordes de sa contrebasse. Et puis, avec «Eretz», le trio joue au chat et à la souri, s’amuse avec les stop and go, les rebondissements et les chausse-trappes. Quant à «Excitation», qui porte bien son nom, il termine en post bop moderne un concert qui n’a cessé de monter en intensité. Boosté par un Fabrice Alleman décomplexé et décidément très inventif, le trio de Jeremy Dumont a montré ce soir encore qu’il avait du répondant et encore plein d’idées à partager. Et ça, ça fait plaisir.

■ Jazzques – 26/03/2016

NRC.nl – 2 februari 2016

Dumont sprankelt in triodebuut

De Brusselse pianist Jérémy Dumont geldt als jonge belofte in de Belgische jazzscene. Met een diploma van het koninklijk conservatorium van Brussel en diverse aanmoedigingspijzen op zak laat de twintiger zich horen met diverse bands, waaronder zijn eigen trio en kwartet. Het albumResurrection is Dumonts leuke, sprankelende debuut als leider in een triobezetting met de bassist Victor Foulon en drummer Fabio Zamagni. In eigen moderne jazzcomposities toont Dumont zich een behendige speler die zich voor improvisaties mooi en logisch laat meevoeren door de melodie. De stukken zijn harmonieus van karakter, van gestileerde dromerigheid tot beheerste vaart. De spelers komen onderweg weinig stroomversnellingen tegen, al is er ritmische flexibiliteit. Speciale gast, saxofonist Fabrice Alleman, daagt in vier nummers meer uit, waardoor de jazz nog wat spannender wordt.

■ Amanda Kuyper

Jazzmozaïek – maart 14, 2016

De 28-jarige pianist/componist Jérémy Dumont won in 2010 het jongerenconcours op Dinant Jazz Nights en in 2012 de jongerenwedstrijd in Comblain-la-Tour. In 2013 volgde de Sabam Jeunesses Musicales Jazz Award. De opnames van Resurrection met zijn trio in de Igloo-studios met Daniel Léon als producer dateren van november 2014. Dumont wil met dit album vooral zijn eigen persoonlijkheid doordrukken, waarbij hij invloeden van Corea, Hancock maar evengoed John Coltrane en Robert Glaspar aangeeft. Frisse, moderne triojazz die nog extra ingekleurd wordt door saxofonist Fabrice Alleman. Een beloftevol debuut!

■ Bernard Lefèvre

Focus-Vif 16-10-15

Jérémy Dumont Trio – « Resurrection »

Disque sans label, Resurrection de Jérémy Dumont signe les débuts discographiques d’un pianiste belge nouvelle génération à l’indiscutable talent. Soutenu par une rythmique formée de Victor Foulon (basse) et Fabio Zamagni (batterie, rejoint pour quatre titres (sur un total de dix) par le saxophoniste Fabrice Alleman, le musicien de 28 ans ne révolutionne, certes, rien dans cet album (mais ce n’était pas le but) et reste redevable à ses maîtres avoués -Chick Corea y est un peu partout et on y retrouve aussi Brad Meldhau comme chez beaucoup de pianistes depuis une quinzaine d’années. Heureusement, Resurrection laisse aussi filtrer une personnalité réelle qui ne pourra que s’affirmer (et s’affiner) dans un futur proche. A suivre.

■ PH.E

AIRtv – 5-11-2015

Notre artiste à la Une en ce début novembre est le gagnant du concours belge « Jeune Formation » 2012 de Comblain-La-Tour : Jérémy Dumont Trio. Le jeune projet jazz accouche de son premier opus « Résurrection » ! C’était le 30 septembre 2015, et ce, après 3 ans de gestation. Un album qui nous gâte…
Jérémy Dumont Trio, c’est le fruit d’une collaboration entre trois jeunes musiciens talentueux que représentent Jérémy Dumont, Fabio Zamagni et Victor Foulon. Au coeur du projet, Jérémy Dumont mène en partie la danse au piano et à la composition. Le jeune prodige commence son éducation musicale très tôt. D’abord au violon puis au piano classique pour progressivement s’orienter vers l’improvisation et enfin s’immerger dans le jazz : tel est le cheminement du pianiste fou. Il aura connu les bancs du Conservatoire de Charleroi, l’Académie Jacques-Dalcrose, le Jazz Studio d’Anvers et le Conservatoire Royal de Bruxelles. Jusqu’aujourd’hui, Jérémy Dumont continue d’approfondir sa formation classique en même temps que le jazz. Ce dernier multiplie les collaborations dans des styles dérivés qui lui permettent de renouveler sans cesse créativité et apprentissage. Vous pourrez l’écouter dans Soul Triggers (jazz, funk, soul, hip-hop) ou encore dans The Unexpected 4 (swing). Fabio Zamagni envoie les pêches et la rythmique relevée du coeur du trio. Le jeune batteur entame lui aussi très tôt sa formation musicale en jazz. Il a la chance d’être formé au Jazz Studio d’Anvers puis au Conservatoire Royal de Bruxelles par des « grands » comme Xavier Rogé et Bruno Castelucci. En dernier élément et non des moindres, Victor Foulon réunit à la contrebasse les thèmes aériens de Jérémy Dumont aux rythmes de Fabio Zamagni. D’abord guitariste jazz issu du Conservatoire Royal de Bruxelles, il est actuellement très sollicité comme contrebassiste dans divers styles et projets musicaux. Comme le nom du projet l’indique, Jérémy Dumont insuffle l’esprit du trio avec un répertoire qui rassemble des compositions personnelles et quelques standards revisités de Chick Corea, influence notable dans le parcours du pianiste. On soupçonnera d’autres couleurs musicales inspirées d’Avishai Cohen, Robert Glasper, Bill Evans, John Coltrane ou encore Miles Davis. Le timbre chaleureux du saxophoniste ténor Fabrice Alleman, invité d’honneur de l’album, vient s’ajouter à l’éventail d’influences qui contribuent au son final de l’opus. L’arrivée de l’album “Resurrection” marque un nouveau cap important dans la maturation de Jérémy Dumont Trio. Il incarne l’écoulement d’un cycle de trois ans riche en rencontres, expérimentations et découvertes. En bref, c’est un condensé d’idées et d’énergie musicales à lui tout seul. Finalement, « Résurrection » est un album riche en couleur, vivant et agréable à l’écoute. C’est jeune et mâture tout en étant créatif et conventionnel. Jérémy Dumont Trio semble grandir et maintenir une âme jeune, source intarissable de vie et de créativité…

Z.

Jazzroundmag 12-10-2015

Jérémy Dumont TrioRésurrection

Quel infime plaisir de découvrir un musicien qui au travers de son premier opus prend sa place d’emblée, et avec brio, sur la scène du jazz belge, tout en manifestant un immense désir de découvrir différents courants musicaux. Palme d’Or donc pour saluer l’arrivée de « Résurrection », le premier album du pianiste belge Jérémy Dumont. Après avoir terminé le Conservatoire de Bruxelles, voici deux ans, avec Grande Distinction faut-il le préciser, Jérémy a eu la sagesse d’attendre quelques mois avant de se lancer dans l’aventure de la production musicale. Cette patience et cette maturité lui ont indéniablement permis d’enrichir son parcours, en allant à la rencontre d’autres musiciens et, surtout, de multiplier les découvertes musicales : la musique de film et d’accompagnement en passant par le hip hop et la soul, sans oublier le jazz évidemment, à l’écoute de Chick Correa et d’Éric Legnini. Ces expériences de terrain lui ont permis de créer son identité jazzistique, de parfaire son jeu, et de trouver ainsi son groove personnel, d’un dynamisme très new-yorkais : rapide, sans équivoque ni temps morts. Un style qui n’aurait pas heurté des maîtres du genre comme Joey Calderazzo ou Bill Evans au registre des balades. Outre ses indéniables qualités de pianiste, il est impossible de ne pas mettre en évidence les  talents de compositeur du pianiste bruxellois. Il signe en effet la totalité des titres de l’album, et révèle des compositions de niveau international, loin du style belgo-belge, des pièges à flots de notes ou de ruptures aléatoires du rythme de base. Ici, rien de cela, ni dans les ballades ou dans les morceaux au tempo plus rapide. L’énergie, l’efficacité et l’intelligence sont au rendez-vous de « Resurrection ». Soulignons aussi la grande qualité musicale et la cohésion du trio : mention spéciale à la basse discrète de Victor Foulon et au jeu de baguettes tout en précision de Fabio Zamagni, ensemble, ils forment la colonne vertébrale de l’album. Signalons en outre la présence en invité du saxophoniste Fabrice Alleman qui sait entraîner Jérémy Dumont dans de beaux défis dont aucun ne sort à bout de souffle. Fabrice Alleman semble bien conquis par les compositions de son ancien élève, et au saxophone, il n’hésite pas à distiller un parfum de Wayne Shorter. Si Jérémy Dumont a baptisé son enregistrement  « Résurrection », c’est sans doute pour évoquer à la fois sa « naissance » comme père et le passage entre son statut d’étudiant à celui de musicien professionnel. « Resurrection » est un excellent album qu’on ne se lasse pas d’écouter pour le tonus dominant, la qualité de ses interprètes et le brio des compositions. Et comme disait Michel Jonasz dans une de ses chansons : « En vlà du jazz, en vlà et c’est du bon croyez moi  » !

Étienne Payen