Category: Non classé

FESTIVAL LES PALETS : Concert jazz du Jérémy Dumont Trio

Jeudi 27 juillet, le pianiste Jérémy Dumont et sa formation, Victor Foulon à la Contrebasse et Fablo Zamagni, à la batterie, ont fait swinguer le public du Festival les Palets, invité derrière les murs de Couleur Café. Au programme, des compositions mélodiques variées alliant rythmes bebop, swing et groove, tirées de “Resurrection”, premier album remarqué du trio ; un morceau invitant le quatuor à cordes des musiciens des Palets et enfin quelques interprétations hommage à des grands tels Herbie Hancock ou Chico Buarque. Sous les étoiles, les 3 trentenaires ont offert à un auditoire conquis, un concert de grande qualité qui laisse présager un bel avenir.

■ Virginie D’EAU - Le Dauphiné le 29/07/2017 

Jérémy Dumont a 29 ans et tout plein de talent.

ENTRETIEN

Son premier instrument fut le violon. Mais il bifurqua vers le piano dès 12 ans. Etudes au Jazz Studio d’Anvers, puis au Conservatoire de Bruxelles avec Eric Legnini (« Il est pour moi comme un parrain aujourd’hui »). Et c’est au conservatoire qu’il fait ses débuts en trio, avec Victor Foulon à la contrebasse et Fabio Zamagni à la batterie. C’est avec ce trio qu’il joue toujours aujourd’hui. On l’a vu, cet été, au Gaume Jazz : c’est soudé, complice, ça fait un, pas trois.

Sorti du conservatoire, il vous a fallu vous montrer.
Je me suis senti d’abord dans la fosse aux lions. Mais le trio était déjà formé, on commençait à avoir un son, il fallait y aller. Le meilleur moyen, c’est un album. Parce que les standards, c’est chouette mais il faut se distinguer. Par des compositions. J’en avais déjà quelques-unes, j’ai poursuivi et on a été en studio, en autoproduction. Ce fut Resurrection. Une carte de visite, mais on a réussi à avoir de la visibilité et c’est ce qui est le plus important.

Comment faire pour être original ?
Mon choix, c’est de rester le plus possible authentique et vrai avec moi-même. Tout en ne reniant aucunement mes influences : Chick Corea, Avishai Cohen le contrebassiste, Brad Mehldau. Toutes les musiques qui m’ont imprégné se répercutent sur mon écriture. L’album a une large palette mais c’est du jazz, à fond, c’est la musique qui m’importe le plus, de Tatum à Mehldau. Et j’aime autant l’un que l’autre, et ce qu’il y a entre les deux est enrichissant.

Vos morceaux possèdent des mélodies fortes.
J’ai surtout focalisé en effet sur des mélodies simples, qui peuvent rester en tête. Mais avec des harmonies qui bougent, derrière. On improvise, on modifie les codes, on complique les rythmes, mais il faut que ça reste accessible. Que ce soit swing ou contemporain, ça doit rester audible. Avec une belle dynamique, c’est une des choses les plus importantes : on peut jouer super soft et puis super fort.

Steve Coleman est cette semaine en Belgique. Sa musique, plus free, plus atmosphérique, vous touche-t-elle ?
Elle m’influence mais je ne tends vers cette direction pour le moment. Ce qui me touche, c’est le mix entre la tradition et le contemporain. Kenny Werner, par exemple, que j’ai eu en master class à New York. J’aime tout ce qui sonne. Même si ce n’est pas jazz, on s’en fout. Et j’écoute de tout. Pour le moment, du Nougaro avec Maurice Vander, ou du Joe Calderozzo, le pianiste de Branford Marsalis.

Des projets ?
J’ai des nouvelles compositions pour un nouvel album. Toujours en trio et avec le même esprit : une palette de couleurs différentes d’un morceau à l’autre, mais toujours dans cette idée de faire du jazz et qu’il soit accessible à tous. Et puis je lance un quintet en 2017, avec deux souffleurs. J’aime bien écrire des arrangements pour trompette et saxophone. L’idée ici, c’est de sonner comme le quintet de Wynton Marsalis, dans les 80 et 90 : du swing à fond !

■ Jean-Claude Vantroyen – Le MAD Le Soir édition du 09/11/2016

Toots Jazz Festival : Une seconde édition remarquable

… c’est le brillant pianiste Jérémy Dumont qui entamait la soirée du samedi 10 septembre. Deuxième participation pour lui en tant que leader qui, avec son contrebassiste Victor Foulon et son batteur Fabio Zamagni, accueillait en guest le merveilleux saxophoniste Fabrice Alleman. Le trio composé de jeunes musiciens et l’expérience du «vétéran» du groupe ont fait merveille et la cohésion entre eux était aussi bien savoureuse qu’apparente.

■ Pierre Gérard (lesuricate.org)- 21/09/2016

Le cœur de La Hulpe ne battait que pour Toots Thielemans

Il fallait s’y attendre : l’esprit de Toots n’a cessé de planer sur la deuxième édition du festival que La Hulpe, sa commune d’adoption, a monté en son honneur. En présence de sa veuve, Huguette Thielemans, et de Denise Bauer, ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique auprès du Royaume de Belgique, le jazz a retrouvé tous ses droits dans la petite cité brabançonne. Fait rassurant pour l’avenir du jazz, la jeune génération mord à son hameçon. En début de soirée, c’était au tour du pianiste Jérémy Dumont de montrer qu’en Belgique, le jazz est en devenir. Avec Victor Foulon à la basse, Fabio Zamagni à la batterie et Fabrice Alleman en saxophoniste invité, le concert est lancé par « Blues for Tilou », qui rappelle le hard bop et classicisme Blue Note des années cinquante. Il y a d’ailleurs quelque chose d’Horace Silver, pianiste fondateur des Jazz Messengers, dans le piano bleuté de Jérémy Dumont : sa palette sonore colorée et un rythme haletant produisent un drive très persuasif. Quant à l’émulation entre le pianiste et Fabrice Alleman, elle produit ses effets en faisant monter la pression. Pour Toots et pour Huguette, à qui ce titre de morceau et d’album était destiné, le trio augmenté reprend « For my Lady », mélodie bien tournée et mémorable sur laquelle le piano prend des allures à la Erroll Garner. Fabrice Alleman y trouve un judicieux prétexte à siffler façon Toots. C’est bien, on ne sifflote pas assez, en général. Le concert, qui emporte l’adhésion du public, se termine sur « Eretz », une nouvelle composition du pianiste signifiant « La Terre » (d’Israël). Ce très beau thème met en valeur toute la luminosité du jeu du pianiste. Chick Corea avait son « Spanish Heart », Jérémy Dumont a son « Jewish Heart ».

■ Dominique Simonet (La DH)- 10/09/2016

Un dimanche au Gaume Jazz Festival

32e édition du magnifique et très convivial Gaume Jazz Festival. Cette année, en plus, c’est sous un soleil de plomb qu’il se déroule. Et sur le coup de quinze heures, ce dimanche, le grand parc semble encore un peu endormi.
C’est dans la salle du centre culturel de Rossignol qu’il faut aller. Il n’y fait pas plus frais, mais c’est là que le trio de Jeremy Dumont présente la musique de son premier – et très bon – album Resurrection.
Très resserrés autour du leader, concentrés et bien décidés à jouer un jazz énergique et dense, Victor Foulon (cb) et Fabio Zamagni (dm) attaquent « On Green Dolphin Street » avec vigueur. Le trio enchaine aussitôt avec « Try » et « Resurrection ». Les interventions du pianiste sont fermes et décidées, la basse claque presque autant que ne résonnent les coups de fouets sur la batterie. Mais surtout, ça groove et ça trace. Et l’intensité ne faiblit pas sur « Matkot » et ses réminiscences klezmer qui laissent transparaitre pourtant une pointe de mélancolie. Et puis, une dernier composition, inédite, confirme la direction bien tranchée que semble prendre le trio : de l’énergie, du nerf et de l’adrénaline. Jeremy Dumont définit de plus en plus précisément le jazz qu’il veut défendre. Et nous, on est prêt à le suivre.

■ Jazzques – 14/08/2016

Jazz Hot n°675, printemps 2016

Jérémy Dumont (p) était le 19 à la Jazz Station en suite logique de son premier album autoproduit Resurrection. Avec Victor Foulon (b) et Fabio Zamagni (dm) le trio a pris une belle assurance au fil des mois. Le programme annonçait Fabrice Alleman (ts, ss) en invité. Nous nous imaginions donc qu’il viendrait jouer deux ou trois morceaux en fin de second set. Heureuse surprise: il souffla sur tous les thèmes, professeur protecteur hier, compagnon de route aujourd’hui. Toutes les compositions sont de la plume du jeune pianiste. Les mélodies sont jolies («One Day»); les rythmes: variés, de la valse jouée en crescendo («Since That Day») au swing appuyé («Excitation»). «Blues For Tilou» : un original fortement inspiré des Jazz Messengers, permit à Fabrice Alleman (ts) de featurer Benny Golson. Sur «In Between», et l’ostinato du pianiste il s’envole, coltranien, au soprano. A la fin du premier set, «Resurrection», enjoué, donna la parole à tous les apôtres: soprano, piano, ténor, puis l’inévitable solo de batterie. «Hébreu» ouvrira la deuxième partie soulignant une certaine filiation. Les œuvres de Jeremy Dumont sont très bien structurées. Homogènes, elles sont rigoureusement mises en place par la rythmique. La consistance des compositions et la solidité des arrangements privilégient un son de groupe, ce qui n’est pas fait pour déplaire au saxophoniste montois.

Jean-Marie Hacquier
Photo © Roger Ventilt, by courtesy
© Jazz Hot n°675, printemps 2016

 

Jazzism review – mei 2016

Jérémy Dumont Trio - Resurrection

Jazzmuziek van een Brusselaar, de stad waar ook nog mensen wonen die zich er geheel op richten om iets moois te maken. Het rijtje pianisten dat Jérémy Dumont (in 2012 winnaar van de prijs voor “Jeunes Formations” in Comblain-la-Tour) als inspiratiebronnen oplepeltis veelzeggend: Chick Corea, Brad Meldhau, Bill Evans, Herbie Hankock, Robert Glasper. Grote namen uit het postbop- en modale tijdperk, aangevuld door de klanken van vandaag. Hier en daar een vleug impressionisme (Aaron, Since That Day), maar soms ook complexe ritmes (Matkot) die uit geluidsboxen van hiphoppers kunnen komen. Een gelukkig nu en dan een groove met een vetrandje, zoals in Blues For Tilou. Daarin horen we ook saxofonist Fabrice Alleman (sopraan en tenor), die op vier stukken meedoet. De langste compositie is In Between, waarin de era van John Coltrane en McCoy Tyner weer aangeraakt wordt.

■ Coen de Jonge

Maison du Jazz, Mag 65 – Nouvelle sortie CD Jeremy Dumont trio

Jérémy Dumont débute des études de violon dès l’âge de 5 ans, il passe au piano classique à l’âge de 12 ans dans la classe de Karin Lechner ; suit une formation au Conservatoire Arthur Grumiaux de Charleroi et ensuite un cours d’improvisation jazz avec Thomas De Prins à l’académie Jacques Dalcroze de Bruxelles, puis avec Ivan Paduart et Eric Vermeulen. Mordu de jazz, il entre au Conservatoire Royal de Bruxelles sous la coupe d’Eric Legnini ; il rencontre alors Jean-Paul Estiévenart, Sal la Rocca et Wim Eggermont avec qui il crée le quintet Solid Step et ensuite The Unexpected 4 avec lequel il remporte le concours jeunes talents au Dinant jazz nights en 2010. En 2012, Il forme son propre trio et remporte le 1er prix du concours jeunes formations au festival jazz de Comblain-la-Tour. Tous ses efforts se concrétisent en septembre de cette année par la sortie de son premier cd «Resurrection» avec Victor Foulon à la contrebasse, Fabio Zamagni à la batterie et la participation de Fabrice Alleman aux saxs ténor et soprano. Un premier opus magnifiquement mature et abouti avec 10 compositions personnelles très variées, d’une fluidité à toute épreuve aux accents bebop, swing, groove. Un album dynamique, équilibré et harmonieux, avec un jeu de piano d’une sensibilité digne de Chick Corea, Robert Glasper ou Michel Petrucciani. Une autoproduction que vous pourrez vous procurer sur le site de Jeremy Dumont ainsi qu’aux nombreux concerts prévus pour sa sortie.

■ OS 

Jazzques – 26/03/2016

JEREMY DUMONT TRIO – FEAT FABRICE ALLEMAN – JAZZ STATION

J’avais eu l’occasion d’entendre le trio de Jeremy Dumont en concert (plus ou moins privé) quelques temps avant l’enregistrement de l’album Resurrection. A l’écoute de ce dernier, j’avais été agréablement surpris (voire même étonné) de la progression qui s’était opérée. La musique semblait avoir monté en puissance, s’être affirmée. En concert à la Jazz Station, j’étais curieux de découvrir comment allait encore évoluer la musique du pianiste. De plus, ce samedi 19, le trio avait invité pour la première fois Fabrice Alleman (que l’on retrouve sur trois titres de l’album) à le rejoindre. Il n’y a pas à dire : c’était une très bonne idée. Après un gentil et bucolique «One Day», «Blues For Tilou» permet au groupe de se lancer vraiment. Fabrice Alleman ouvre la voie, le son est gras et rassurant, parfois légèrement pincé aussi. Le spectre musical du saxophoniste semble ne pas ne connaitre pas de frontière. Il intègre aussi bien la tradition que le (presque) free, comme si Coleman Hawkins avait rencontré David Murray, par exemple. Et à la clarinette, c’est pareil, Fabrice Alleman a le chic pour faire décoller la musique. Sur le très modal «In Between» son jeu est presque «out», ce qui entraîne Jeremy Dumont à lâcher les accords. Jeremy Dumont oscille entre lyrisme et fulgurances rythmiques, esquivant l’évidence avec finesse. On ressent chez lui quelques notes bluesy, quelques inflexions inspirées de Hancock ou de Corea. Ses compositions font la part belle aux mélodies mais savent se faire piquer par de belles astuces rythmiques. On apprécie les courtes accélérations, les ponctuations lumineuses, les nuances et les respirations dans un phrasé maitrisé. «Since That Day», «Try» et «Resurrection», s’enchainent avec un optimisme plein de groove. La rythmique, très complice, n’y est pas pour rien. Le jeu efficace et direct du batteur Fabio Zamagni se marie avec habileté aux entrelacs rythmiques du contrebassiste Victor Foulon. Ça claque autant que ça enrobe. Le plaisir est sur scène et se partage dans le public. «Matkot», très influencé par la jeune scène juive New Yorkaise, est bourré d’énergie, «Sneak Into», est lumineux et «Aaron» – tendre et délicat – permet à Victor Foulon de laisser trainer de longues notes sur les cordes de sa contrebasse. Et puis, avec «Eretz», le trio joue au chat et à la souri, s’amuse avec les stop and go, les rebondissements et les chausse-trappes. Quant à «Excitation», qui porte bien son nom, il termine en post bop moderne un concert qui n’a cessé de monter en intensité. Boosté par un Fabrice Alleman décomplexé et décidément très inventif, le trio de Jeremy Dumont a montré ce soir encore qu’il avait du répondant et encore plein d’idées à partager. Et ça, ça fait plaisir.

■ Jazzques – 26/03/2016

NRC.nl – 2 februari 2016

Dumont sprankelt in triodebuut

De Brusselse pianist Jérémy Dumont geldt als jonge belofte in de Belgische jazzscene. Met een diploma van het koninklijk conservatorium van Brussel en diverse aanmoedigingspijzen op zak laat de twintiger zich horen met diverse bands, waaronder zijn eigen trio en kwartet. Het albumResurrection is Dumonts leuke, sprankelende debuut als leider in een triobezetting met de bassist Victor Foulon en drummer Fabio Zamagni. In eigen moderne jazzcomposities toont Dumont zich een behendige speler die zich voor improvisaties mooi en logisch laat meevoeren door de melodie. De stukken zijn harmonieus van karakter, van gestileerde dromerigheid tot beheerste vaart. De spelers komen onderweg weinig stroomversnellingen tegen, al is er ritmische flexibiliteit. Speciale gast, saxofonist Fabrice Alleman, daagt in vier nummers meer uit, waardoor de jazz nog wat spannender wordt.

■ Amanda Kuyper